27/02/2006Marie Cerise vs SortyMon moral, c'est mon panier à linge.
Quand ça ne va pas, il est plein...
Quand ça ne va vraiment pas, il déborde et le linge s'entasse devant la machine.
Ce matin, j'ai fait deux machines. J'adore laver mon linge, même si après il faut l'étendre par moins zéro degré sur le balcon et que mes doigts rougissent. Donc, cette Saint-Honorine commençait bien.
Le téléphone a sonné en début d'après midi ; d'habitude, je ne réponds pas au téléphone dans la journée ; toutes les semaines, ce sont les fenêtres Isorama « qui sont de passage dans votre quartier » (non, cela ne m'intéresse pas, je ne suis pas propriétaire de mon appartement), ou les cuisines Mobalpa « qui vous proposent un devis gratuit » (non, vous savez, je ne cuisine pas souvent) ou encore un club de gym ou un marchand "des arts de la table" « qui vous invite, cher monsieur Sorty à retirer votre cadeau gagné par tirage au sort car c'est votre jour de chance, Monsieur Sorty ». Mais j'ai promis de faire un effort au Dude parce qu'il en a marre de laisser des messages sur mon répondeur.
Je décroche. C'est sûrement lui. Non, c'est le Crédit Mutuel (ce n'est pas ma banque, entre parenthèses) , (c'est le cas de le dire).Mon interlocutrice n'a même pas cherché à connaître mon identité avant de m'appeler car il y a un long silence de 10 secondes entre « Je voudrais parler à Monsieur » et mon nom. Ils me proposent des prêts avantageux pour faire l'acquisition d'un appartement. « d'ailleurs, vous avez reçu par courrier notre brochure d'information (oui, je l'ai même reçue deux fois,mercredi et vendredi dernier). « Etes vous locataire Monsieur ........ Sorty ? »(excusez moi j'ai du travail là) et je retourne, très énervé, sur le chat de GA pour discuter avec Pheel.
Mais le pire est à venir. Dude et moi avons des invités ce soir et il faut que j'aille faire des courses (ce sont les deux membres de GA qui feront un post sur l'intoxication alimentaire demain dans leurs blogs) Je déteste faire des courses (encore plus que répondre au téléphone) mais mon cher et tendre m'a préparé une petite liste afin de faciliter la tâche de la tâche que je suis. Je me fais le pari d'être à la caisse en moins de 5 minutes (bon, en même temps, je n'ai pas de montre donc je ne sais pas si j'ai gagné mon pari, d'autant plus que l'estragon a failli m'avoir, l'estragon est fourbe par nature).
Il faut que j'arrête de mettre autant de parenthèses sinon, je ne viendrai jamais au bout de cette histoire.
Me voici donc à LA caisse. Je dis bien LA caisse car il n'y en a qu'une d'ouverte. Ce n'est pas grave, j'ai tout mon temps, le plus dur est fait (ne pas confondre les concombres avec les courgettes), je rêvasse... Il y a cinq personnes devant moi puis très vite deux derrière. Pendant que je vérifie si je n'ai rien oublié, deux autres caissières arrivent. Deux clients qui étaient devant moi s'y précipitent, je m'avance vers l'une d'elles et là je me fais doubler par la femme qui attendait derrière moi. Une jeune femme de mon âge (vous noterez le message subliminal) qui me voit froncer les sourcils et me lance un sourire. Pas un sourire gentil mais un sourire qui signifie « je t'ai grillé ta place, ducon ». Peu importe, je reste zen. Elle une trentaine d'articles et une sale gueule. La caissière est rapide même si elle discute du chignon qu'elle avait samedi dernier pour son anniversaire avec sa collègue. C'est comme si ma coiffeuse se mettait à imiter Muriel Robin pour me parler de son gratin de pâtes. Elle annonce le montant (la caissière, pas ma coiffeuse). Et là, ça devient surréaliste ! Marie Cerise, appelons là comme ça (elle a une tête à s'appeler Marie Cerise comme toutes les femmes de mon quartier) qui était si pressée d'arriver la première range calmement ses articles en veillant bien à séparer les légumes de la viande, les surgelés du Canigou, elle soupèse chaque sac pour en évaluer le poids, elle redemande un sac car celui de ses légumes est plein et il lui reste un poireau que j'ai très envie de lui enfoncer dans le cul. La caissière aussi s'impatiente un peu, lui demande comment elle règle. Marie Cerise répond « par carte » en finissant de trier, soupeser... Naturellement, la CB de Marie Cerise ne fonctionne que si la caissière la frotte plusieurs fois sur sa blouse sinon ce ne serait pas marrant. Je me dis que Marie Cerise va se tromper de code, mais non...Ouf ! La caissière lui tend son ticket en disant à sa collègue « Karima, il est bizarre ton brushing » et je devine ce qui va se produire : Marie Cerise et ses sacs ne bougent pas. Pendant que la caissière passe mes articles à la machine-qui-fait-BIP, Marie Cerise inspecte son ticket de caisse, penchée sur ses achats. J'use alors de ma légendaire diplomatie (notez que la diplomatie Sortyenne est à différencier de celle du ragondin)
Vous voyez pas que vous me gênez, là ?
Pardon ?
Avec vos sacs, vous pouvez pas les mettre par terre ? J'ai pas de place ! Je fais mes courses moi aussi !
Elle me regarde l'air hébété, hausse les sourcils, fait non-non-non de la tête et une horrible grimace avec sa bouche. Marie Cerise est en train de se dire que les gens n'arrêtent pas de râler. En soupirant, elle prend deux de ses six ou sept sacs, les pose à ses pieds et replonge dans son ticket de caisse. Pendant que je paye, elle marmonne « ça sert à rien de s'énerver ». Je me mords les lèvres pour ne pas lui répondre. Je récupère mes achats pendant que la caissière dit « Karima, t'as pas des bonbons ? » Je rentre chez moi, je passe ma colère en écrivant.
Et si je faisais une troisième machine ?
 |
| Des 13 sortilèges qui m'ont été offerts à ma naissance par différents êtres humains, animaux ou objets, je n'en connais et maitrise plus ou moins que quelques uns
Celui offert par le Petit Vieillard (l'Arithmétique) me fut utile jusqu'à mon bac. Il s'est aujourd'hui dissous.
Celui de la Théière Anglaise me permit de devenir bilingue.
Celui de l'Horloge Comtoise fit de moi un homme ponctuel comme une montre Suisse
Celui de l'Arbre, que j'invoquai, hélas, très jeune fit que certaines blessures ne se cicatriseront jamais (maudit sortilège que celui là, pourquoi Maman ne m'avait-elle jamais averti que certains d'entre eux étaient néfastes)
Celui de la Libellule fit que je serai condamné à chercher l'âme frère toute ma vie
Celui de la Princesse est celui que je maîtrise le mieux, mais il doit rester secret, sous peine d'être rompu ; hélas, il le sera un jour....
Celui de l'Ecureuil fit de moi un être sensible, hyper émotif ; merci l'Ecureuil, c'est le plus beau cadeau que l'on me fit...
Et voilà... je ne sais ce que le Feu m'attribua, je l'invoquai mais n'en vis jamais les conséquences.
Je redoute celui de la Chauve-Souris (il pue la mort de celle qui me donna la vie)
Quand aux sortilèges de la Rainette, du Fauteuil et de la Bergère, des Pastourelles ou de la Tasse Chinoise, ils restent pour moi un grand mystère....
 |
27/02/06 - 18:05
Oh que ça me manquait ce genre de post !
Le sourire du début à la fin. M'ci M'sieur !
petitgarsparis