28/01/2006Alain Resnais (1922/2006)Alain Resnais est décédé hier soir des suites d'une crise de fou rire en imaginant le gag d'un type qui glisserait sur une banane en peau.
Sa vie, son oeuvre.
Après avoir réalisé Nuit et brouillard, Resnais devient vieux à l'âge de 37 ans lorsqu'il tourne Hiroshima mon amour d'après un scénario de Marguerite Duras (1721/1996). Peu de gens ont réussi à le voir en entier sans piquer du nez tant les rôles de Elle et Lui sont bouleversants d'ennui ; mais Duras + Resnais, cela fait crier la France au génie (sans bouillir).
Resnais surfe ensuite sur la vague de son succès avec quatre films inoubliables : La guerre est à Marienbad, Muriel est finie, L'année dernière au Vietnam et Loin du temps du retour.
En 1968,il tourne Je t'aime, je t'aime. La critique n'aime pas et se tourne plutôt vers Je t'aime moi non plus de l'immortel Gainsbourg et vers Je t'aime mon homme, ta femme qui t'aime de Claude Lelouch. Puis en 1974, il commet Stavisky, mauvais scénario et mauvaise idée, Resnais a en effet engagé des acteurs décédés comme Charles Boyer, Pierre Vernier ou Jean-Paul Belmondo.
En 1977, il réalise Providence, l'histoire prémonitoire d'un vieil homme qui va mourir (quel visionnaire, ce Resnais !). L'académie des Césars qui n'a pas encore découvert le principe des « comiques dans un rôle sérieux » lui remet le prix du Meilleur film chiant de l'année.
C'est en 1980 qu'il réalise Mon oncle d'Amérique, un film sur la théorie de la survie avec Roger Pierre (quand même !). Le rat du professeur Laborit reçoit une nomination aux Oscars (mais il est hélas battu par cette tapette de Mickey).
La femme de sa vie qui est un roman mélodramatique à mort
Il rencontre Sabine Azéma sur le tournage de La vie est un roman qui n'est pas un si mauvais film. Trois histoires se croisent, car chacune d'entre elle n'était pas suffisante pour en faire un long métrage. L'amour à mort en 1984 aurait pu faire un bon film d'horreur (l'histoire d'un homme qui meurt, revient à la vie et meurt une seconde fois), c'est juste un film horrible. Un long pensum pontifiant sur la vie, l'amour, la mort où s'intercalent de longs écrans noirs sur une musique insupportable de Hans Henze (parfois, les parents sont cruels). Resnais y retrouve les quatre acteurs vivants qui sont sur la première page de son carnet d'adresse ( Azéma, Ardant, Arditi, A. Dussolier). Il les mettra également en scène dans Mélo où Resnais découvre que le théâtre filmé permet de ne pas trop se fatiguer tant qu'on est entouré de bons acteurs.
Une seconde vieillesse
Alain Resnais a pleins de bonnes idées. Alain Resnais est un Djeun. : « On va faire un film sur un auteur de B.D. avec des personnages animés qui parlent à leur auteur, c'est génial». I want to go home est une accumulation de poncifs sur la vision que les Américains ont de la France, ratage complet.
« On va filmer une pièce où deux acteurs interprètent tous les rôles, et on va le faire en deux parties, c'est génial » Hélas, Smoking tombe sous le coup de la loi Evin et n'est vu en Europe que par 4 courageuses personnes (Kanna, Obken, Demis et Jowy). No Smoking se voit interdit en Colombie (les Colombiens ne savent pas ce qu'ils perdent, No est un peu moins chiant que ).
Qu'à cela ne tienne, le bouillonnant d'idées réalisateur nous offre On connaît la chanson avec Azema, Arditi, Dussolier, etc. « C'est un film où d'un seul coup les acteurs se mettraient à chanter des chansons connues en playback, c'est génial » Hélas, l'idée tient la route 20 minutes tout au plus, on retombe vite dans le film de vieux. Jane Birkin y apparaît pour faire la promo de son Best of du meilleur de Jane B. J.P. Bacri fait du Bacri ; Studio Magazine écrit : « qui aurait pu croire que le film le plus jubilatoire de l'année nous viendrait d'un réalisateur de 75 ans ? » Pas moi.
« On va filmer du théâtre où les gens se mettent à chanter, une opérette quoi, quelque chose de dynamique qui remplit les salles le dimanche après midi, c'est génial ! ». Son dernier film Pas sur la bouche (Not on my Bush) est un désastre. J'ai grandi dans le milieu de l'opérette et je ne me suis jamais autant ennuyé à en voir une, manque de rythme, lourdeur de la mise en scène, sur-jeu des comédiens (« il faut qu'on donne l'air de s'amuser »). Studio Magazine écrit : « qui aurait pu croire que le film le plus jubilatoire de l'année nous viendrait d'un réalisateur de plus de 80 ans ? ». Toujours pas moi.
Alain Resnais nous a quitté avant que son dernier film Le mari de Pierre André est parti au marché soit achevé. André Dussolier y interprétait une adolescente Finlandaise qui tombe amoureuse d'une botte de carottes jouées par Sabine Azema. Scénario génial, s'il en est..... Une copie de travail (sans la musique d'Henri Salvador) d'une durée d'une heure (qui en paraîtra 5 ou 6) sera montrée au prochain Festival de Cannes.
Un hommage sera rendu à ce trop tard disparu lors de la prochaine cérémonie des Césars : Annie Girardot et Michael Youn interpréteront (de 21 h à 21h 45) la première scène d'Hiroshima mon amour en ouverture des festivités.
Alain Resnais sera enterré au côté de Bertrand Blier (1939/1996) et de Claude Lelouch (1937/1995), deux réalisateurs qui comme lui n'avaient plus rien à dire ou à apporter au Cinéma Français.
Les témoignages de sympathie s'enchaînent sur le Net : ici ,ici ou encore là
Nos pensées vont vers ses parents.
C'était un peu long (si vous avez tout lu, c'est que je vous aime, vous le savez) mais ce n'est pas de ma faute, il n'avait qu'à mourir plus jeune.
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| Des 13 sortilèges qui m'ont été offerts à ma naissance par différents êtres humains, animaux ou objets, je n'en connais et maitrise plus ou moins que quelques uns
Celui offert par le Petit Vieillard (l'Arithmétique) me fut utile jusqu'à mon bac. Il s'est aujourd'hui dissous.
Celui de la Théière Anglaise me permit de devenir bilingue.
Celui de l'Horloge Comtoise fit de moi un homme ponctuel comme une montre Suisse
Celui de l'Arbre, que j'invoquai, hélas, très jeune fit que certaines blessures ne se cicatriseront jamais (maudit sortilège que celui là, pourquoi Maman ne m'avait-elle jamais averti que certains d'entre eux étaient néfastes)
Celui de la Libellule fit que je serai condamné à chercher l'âme frère toute ma vie
Celui de la Princesse est celui que je maîtrise le mieux, mais il doit rester secret, sous peine d'être rompu ; hélas, il le sera un jour....
Celui de l'Ecureuil fit de moi un être sensible, hyper émotif ; merci l'Ecureuil, c'est le plus beau cadeau que l'on me fit...
Et voilà... je ne sais ce que le Feu m'attribua, je l'invoquai mais n'en vis jamais les conséquences.
Je redoute celui de la Chauve-Souris (il pue la mort de celle qui me donna la vie)
Quand aux sortilèges de la Rainette, du Fauteuil et de la Bergère, des Pastourelles ou de la Tasse Chinoise, ils restent pour moi un grand mystère....
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28/01/06 - 17:16
Message perso : Franck, tout ceci n'est qu'une blague, Resnais n'est pas mort ; ne commence pas à chercher lequel de ses films tu pourrais passer à tes élèves lundi matin !
sorty