Où Sorty participe activement à la soirée d'Halloween.
Lorsque j’avais neuf ans, j’ai lu un album de Spirou et Fantasio qui s’appelait "L’Ankou" ; l’Ankou est le valet de la mort dans les légendes bretonnes. Maléficio en résume bien le portrait dans
cet article. J’avais été fasciné par ce personnage, sans doute à cause de mes origines (bretonnes, donc, si vous suivez bien).
Une nuit, mes parents m’avaient obligé à dormir dans la baignoire de la salle de bains parce que ma chambre était occupée par des pompiers. (Je vous jure, je n’invente rien). J’ai du mal à dormir et j’entends de drôles de bruits à l’autre bout de l’appartement. Je me lève et je décide d’aller voir d’où ils proviennent. Je passe en silence devant la chambre de mes parents. J’arrive dans cet immense couloir, l’obscurité est totale. La porte de la cuisine est fermée, celle du salon également ; je continue d’avancer à tâtons. Les bruits semblent de plus en plus proches. Je passe devant la porte des toilettes et j’arrive à la chambre que je partage avec mon frère. J’allume le plafonnier, elle est déserte, pas plus de pompiers que de frangin en train de roupiller.
J’entends alors un bruit derrière moi. Je me retourne, c’est la porte des toilettes qui s’ouvre lentement, dans un grincement épouvantable. Je reste pétrifié, mort de trouille
C’est alors qu’apparaît une longue main squelettique et verdâtre. Je la reconnais,
c’est la main de l’Ankou.
Je me réveille en sursaut. Je suis dans mon lit, dans ma chambre. Il fait noir. Je m’assois et je veux hurler, mais aucun son ne sort de ma bouche. Je n’ai aucun moyen de réveiller mon frère. Au pied de mon lit, l’Ankou est là qui me regarde sans bouger.
Je me réveille, cette fois ci pour de bon, et j’ameute toute la maison. Mon frère allume la lumière et se précipite vers moi. Mes parents arrivent en courant et en pyjamas. Il faudra de longues minutes avant que j’arrête de pleurer et que je me calme.
Vingt huit plus tard, je me souviens des moindres détails de ce cauchemar, le plus ancien dont je me rappelle. Je me souviens également très bien du regard mi-amusé, mi-désapprobateur que mon père lança à mon frère quand celui-ci dit : " l’Ankou a aussi le droit d’aller faire caca ".
01/11/05 - 22:45
Je croyais que tu étais d'origine belge..
the-graduate