Repeat after me : this is not a blog, this is a bortsch
(Merci à Mike pour le bandeau 2006 !)

J'écoute : plus de musique depuis des mois
Je regarde : C'est l'été et il n'y a rien ; désespéré, je me fais Big Brother 10 et Project Runway 5
Je lis : L'affaire Jane Eyre
Je joue : à 650 km et à des jeux de société avec les Gaymers (petits meurtres et faits divers, les loups garous, privacy, wanted)
Je mange : des produits laitiers qui sont nos amis pour la vie
Je bois : beaucoup moins souvent et beaucoup plus lentement
Je rêve : d'une machine à remonter le temps
(mis à jour samedi 13 septembre 2008 à 01:11)

19/11/2004

19/11/04 - 18:42

Sorty vs the portabeules (part three)

Supermarché Casino, été 2004.



Je déteste faire des courses. Je n’aime pas perdre mon temps dans tel ou tel rayon ou à la caisse. En général, je sais exactement ce dont j’ai envie et le chariot ou le panier se remplit vite. Ce jour là, j’ai envie de fruits ; 3 grosses poires et une grappe de raisins dans des sachets en plastique transparent , mais emballer ce n’est pas peser. Je me dirige donc vers les balances de fruits et légumes.

L’une d’elle est en panne, l’autre est recouverte d’un sachet de haricots verts qui attendent sagement que leur propriétaire les pèse, les étiquette et les place dans son panier. Mais ils peuvent attendrent longtemps ces chers petits haricots, car l’heureuse acheteuse est au téléphone sur son portabeule. Une Vietnamienne ou une Chinoise dont vous n’aurez pas la retranscription de la conversation, car j’ai pris Serbo-croate en deuxième langue au collège. Mais en tout cas, elle n’a pas l’air très contente. Je patiente derrière elle. Je compte jusqu’à 10 dans ma tête, puis jusqu’à 20... Je toussote pour signaler ma présence. Elle me remarque et d’un doigt distrait commence à chercher la touche Haricots Verts sur le petit clavier. J’ai envie de lui dire " c’est là, à gauche , mais je vais la laisser se démerder, elle m’agace déjà assez.

Puis, elle abandonne sa recherche, son doigt a fui le clavier et maintenant, elle cherche quelque chose dans la poche de son pantalon. Je suis à deux doigts de craquer. Sa fouille et sa conversation n’en finissent pas. Je pousse un énorme soupir d’impatience.


Vous avez vu Les Aventuriers de l’arche perdue ? Vous vous souvenez de la scène d’introduction ou Indy remplace les pierres qu’il est venu chercher par un petit sac censé peser le même poids en un quart de seconde ? (sauf que lui il n’a pas une pipelette devant l’autel). Et bien, je me sens soudainement une âme d’aventurier. Je repère où est la touche de mes 3 poires. Je me place à droite de la pie et en un temps record, je vire ses haricots, pose mes fruits sur la balance, appuie sur le bouton, prend le ticket, vais pour le coller sur le sachet... Mais comme pour le séduisant archéologue, tout foire très vite : elle me saisit le bras, hausse la voix, m’engueule dans cette langue inconnue ; j’espère que la personne qu’elle a à l’autre bout du (sans) fil a compris que la bordée d’injures ne lui était pas destinée. Avec ma main gauche, j’imite un téléphone près de mon oreille en disant « gna gna gna, gna gna gna ». Elle hurle ! Ses cris ont attiré le vigile qui tente de calmer l’hystérique. Je lui résume à ma manière les faits : " Madame est au téléphone depuis deux plombes, elle n’arrive pas à se décider, c’est quand même pas sorcier d’appuyer sur un bouton, moi je n’ai pas que ça à faire, et si les deux balances fonctionnaient, ce genre d’incident n’arriverait pas " Vlan !

Le vigile qui a du suivre le stage intitulé "Comment éviter la troisième guerre mondiale sur son lieu de travail" me tend mes poires, prend mon sachet de raisins, le pèse, me le rend. Je le remercie. Il me dit qu’il ne faut pas être si pressé dans la vie. Je lui réponds qu’on devrait interdire l’usage des téléphones dans les magasins. La bonne femme a planté son panier devant la balance et se dirige vers la sortie en criant dans son portabeule sans doute qu’elle ne remettrait jamais les pieds dans ce supermarché. Tant mieux !

Harry, le haricot, a gagné quelques heures de répit avant d’être mangé. J’aurais pourtant bien aimé qu’un de ses fils puisse étrangler la chieuse.

Sorty

commentaires

19/11/04 - 19:10

Ouais!!!! Non aux haricots!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Comment ça j'ai rien compris???


Je rappelle que je suis moi meume accro du portabeule, mais chez moi, dans ma sphère privée. Je n'aurai qu'un mot Sorty: BRAVO!!!!!!! Rien que pour ça, tu entres dans le Panthéon de mes blogs préférés (mais nan, t'es pas mort, ça n'a rien à voir!)

19/11/04 - 19:43

On peut acheter des brouilleurs de portable.

19/11/04 - 20:07

j'aime pas les casinos non plus !

20/11/04 - 00:01

Et elles étaient bonnes ces poires ?

20/11/04 - 14:01

J'arrive à la balance pour peser mes haricots quand mon téléphone sonne. Je décroche. Mon mari m'explique qu'il est à deux cent kilomètres d'ici avec les gamins. Qu'il ne reviendra pas. Je ne comprends pas. Je me fais mine de ne pas comprendre et cherche la touche haricots comme si de rien n'était. Je ne la trouve pas ; ma vue est comme brouillée tandis que je me mets à parler à mon tour. Je ne maîtrise plus le flot de mes propres paroles.

Je sens la présence de quelqu'un dans mon dos. Il est français mais j'ai l'impression qu'il m'écoute, qu'il me juge aussi. Je comprends qu'il attend pour la balance. Je ne trouve toujours pas la touche haricots. Mon mari me donne un numéro de téléphone. Je cherche dans ma poche de quoi noter.

L'autre derrière semble s'impatienter. Il me passe devant, pèse ses trois poires à la con. Je lui saisis le bras pour lui demander ce qu'il vient me faire chier avec ses poires. Que sait-il de ma vie ? Que valent ses trois poires et sa minute d'attente quand mon mari est en train de m'expliquer qu'il m'enlève mes enfants ? Le vigile vient s'en mêler. Qu'ils aillent se faire foutre avec leurs fruits et légumes. Je quitte le supermarché précipitemment. Un écran de larmes m'empêche d'abord de trouver la sortie. Je hurle à mon mari qu'il n'a pas le droit de faire ça.

20/11/04 - 16:00

T'es trop fort Snoop ! Je souhaite du fond du coeur que tu récupères tes marmots et ton salaud de mari.

21/11/04 - 03:45

Porter une veste en août, il faut vraiment être obligé. Je sens que ça dégouline le long du dos. J'avais pourtant juré l'année dernière que je prendrais le risque de bosser sans veste en 2004, mais le nouveau directeur de ce Casino est un chieur de première. "Les vigiles véhiculent l'image de la société" tu parles, les vigiles portent une veste écussonnée pour ne pas être confondus avec ceux qu'ils traquent, oui !
En plus, cette journée traine en longueur, la petite caissière brune remplaçante pour l'été ne bosse pas aujourd'hui et les clients ont tous l'air azimutés. Tiens, d'ailleurs ça commence à gueuler vers les primeurs, une hystérique asiatique qui gesticule toute seule ?
Ah non, y'a un p'tit mec à coté d'elle, il dépassait pas de derrière les étalages ! Il a une bonne bouille, elle est au téléphone et baragouine dans sa langue . Si elle continue elle va envoyer la balance par terre, déjà que c'est arrivé la semaine dernière avec celle de droite qui n'est toujours pas réparée. "Bonjour Madame, bonjour Monsieur, Que se passe-t-il ? Calmez-vous madame, Madame, je vous parle ... Oui Monsieur, je comprends, Madame arrêtez de crier voulez-vous, cela ne sert à rien. Ok, voici vos poires Monsieur, ... et vos ... raisins, ... oui je sais l'autre balance est cassée, nous sommes désolés, il faut savoir ête patient quelquefois ... Madame, calmez-vous ... oui Monsieur, je comprends, bonne fin de journée Monsieur ... Madame, madame ..."
Bon voila qu'elle se barre maintenant et en gueulant à tout va, ah tiens voila le directeur, je vais devoir faire mon rapport. Tout ça pour trois poires et une grappe de raisin. Putain, je hais ce boulot !!!

21/11/04 - 15:28

ha ha ha !
J'adore GA, c'est la société idéale, la i-plateforme de l'empathie, où toutes les voix s'expriment et sont entendues.
Merci, Sorty, mais j'ai refait ma vie, maintenant. Je suis danseuse professionnelle de boogie dans l'Ohio.

22/11/04 - 13:59

Pourquoi la vie de Sorty est-elle si pleine d'aventures ultra contemporaines? Comment fait-il à chaque pas pour capter l'écume de notre monde à la dérive? Quand donc écrira-t-il cette série télévisée culte de l'an 2010? Moi j'y crois.

22/11/04 - 19:47

Faire attention à bien regarder la date des événements. Les aventures post-modernes de Sorty ont lieu à raison d'une par semestre environ.
;-p

24/11/04 - 18:08

Effectivement, Snoopdog, cela relativise considérablement leur intérêt !

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Pour tout savoir sur galanta _2

Ma totemisation : Campagnol habile merci Yomot
Mon X-Menisation : ARCADE
merci Hedi et les membres du jury

Ma Southparkisation (merci à Fabulous)


Vu par Ever (euh......)

Des 13 sortilèges qui m'ont été offerts à ma naissance par différents êtres humains, animaux ou objets, je n'en connais et maitrise plus ou moins que quelques uns

Celui offert par le Petit Vieillard (l'Arithmétique) me fut utile jusqu'à mon bac. Il s'est aujourd'hui dissous.

Celui de la Théière Anglaise me permit de devenir bilingue.

Celui de l'Horloge Comtoise fit de moi un homme ponctuel comme une montre Suisse

Celui de l'Arbre, que j'invoquai, hélas, très jeune fit que certaines blessures ne se cicatriseront jamais (maudit sortilège que celui là, pourquoi Maman ne m'avait-elle jamais averti que certains d'entre eux étaient néfastes)

Celui de la Libellule fit que je serai condamné à chercher l'âme frère toute ma vie

Celui de la Princesse est celui que je maîtrise le mieux, mais il doit rester secret, sous peine d'être rompu ; hélas, il le sera un jour....

Celui de l'Ecureuil fit de moi un être sensible, hyper émotif ; merci l'Ecureuil, c'est le plus beau cadeau que l'on me fit...


Et voilà... je ne sais ce que le Feu m'attribua, je l'invoquai mais n'en vis jamais les conséquences.

Je redoute celui de la Chauve-Souris (il pue la mort de celle qui me donna la vie)

Quand aux sortilèges de la Rainette, du Fauteuil et de la Bergère, des Pastourelles ou de la Tasse Chinoise, ils restent pour moi un grand mystère....